Julia Laurenceau

Scénariste documentaire

"Ce solo-là, je l’ai déjà joué demain "
 Johnny Carter (alias Charlie Parker) in L’homme à l’affût de Julio Cortazar.

Co-écrire ou écrire un film documentaire, c'est écrire des projections sur le réel (ce qui pourrait être filmé demain) à partir de ce qui a déjà été vu et ressenti et donc, ce qui a déjà été filmé mentalement- mais aussi rêvé.

Tout film est aussi certainement fait d’une histoire de vie, celle du filmeur qui se surimprime à ce qu’il filme, qui est à l’origine de son regard – l’enjeu étant de parvenir à le faire ressentir dans une forme qui n’est pas la sienne, à savoir l’écrit, tout en faisant que cet écrit lui ressemble.
Un écrit qui a pour principale vocation ici de convaincre (des commissions, des financeurs....), ce qui peut paraître bien des fois contradictoire avec le geste même de filmer

Ecrire un documentaire, pourrait consister ainsi à écrire les grilles à partir desquelles on compose et improvise son film - autour desquelles on cherche.

Ecrire le réel en tant que co-scénariste et non auteure-réalisatrice, c'est se plonger dans l'idée de film d'un autre : lire ce qu'il a déjà écrit (même si ce sont des notes), voir les images qu'il a déjà faites. Et tracer une partition à partir de matériaux hybrides - qui rendra lisible son désir de film, la façon dont il s'ancre déjà dans ses repérages, la dramaturgie qu'il envisage, le dispositif filmique qu'il compte mettre en place.

C'est faire  de cette idée de film un dossier répondant à certaines normes (avec synopsis, note d'intention, traitement) et adapter cette forme à la stratégie de production, aux exigences des commissions ou des chaînes que l'on souhaite aborder.

C’est une forme avec laquelle on peut cependant jouer (dans la mesure du possible) pour correspondre à la singularité du projet, à son dispositif.

J'ai travaillé avec plusieurs auteurs-réalisateurs sur leur projet de films dont Damien Fritsch (pour Sarajéviens, Iskra films, 90', 2014 et Alfonso et compagnie, dora films 52',2010), Anne-Noëlle Gaessler (pour Emmène-moi, dora films, 52', 2011) ou encore Hervé Roesch (pour Cahos, 52', Ana films, 2015).
D'autres projets ne sont pas encore achevés et sont à différents stades de production.

Cahos de Hervé Roesh, ©Ana films